La vidéo de l’intervention de Miguel Benasayag sera en ligne très prochainement. Voici les notes prises par l’équipe Réseaux Sociaux de TEDxConcorde pendant l’intervention. Merci d’excuser coquilles et abréviations éventuelles.
La société c’est tout le monde ? Non pas exactement. La société est une collection de sous-ensembles.
Durant toute sa vie, Miguel Benasayag s’est vu appartenir à la famille des “communs”, à la famille de “ceux qui n’ont pas la niaque”.
Que se passe-t-il pour ceux qui ne sont pas utiles, ceux qui n’ont pas été reconnus comme issus de la méritocratie ?
Pour répondre à cette question, Miguel Benasayag nous propose de repenser l’idée d’un socle commun.
Les espagnols ont longtemps cru que les indiens n’avaient pas d’âme. Puis Bartolomé de Las Casas s’est érigé en défenseur des indigènes et a fait évoluer les mentalités en défendant l’idée que les indiens étaient des hommes, car ils avaient une âme, tout en considérant que leur humanité n’était pas “tout à fait accomplie”.
Bien que répondant à une définition commune, ceux qui ont l’humanité “non accomplie” commencent à nous renvoyer un miroir de nous même, tout à coup, on voit apparaitre des divergences, des diversités, des différences à l’intérieur de la société.
3 réactions de Miguel Benasayag pour remettre en perspective les fondements de la pensée universaliste :
1/ L’individualisme ? C’est finalement l’idée que chacun a sa vérité. Tout le monde cherche à être original. Comme tout le monde est original cela entraîne à l’échelle globale une massification de la différence et donc une certaine uniformité.
2/ Le relativisme ? Il revient à considérer que certains hommes sont moins humains que d’autres ou méritent moins que les autres d’accèder au confort matériel.
3/ L’universalisme neo-humaniste actuel ? Celui dans le quel nous vivons actuellement. Il consiste finalement à considérer que certaines idées auraient une vocation plus universelle que d’autres. Pour rester dans le consensus et éviter le conflit la réponse actuelle face à la différence réside dans la notion de respect : on se respecte pour éviter le conflit. Mais ce “je te respecte” revient finalement à dire, ”je te respecte parce que je ne te casse pas la gueule”. Le respect serait donc motivé par une nécessité anti-conflictuelle et non comme un sentiment de reconnaissance de la richesse et de la diversité du monde.
Il existe une différence essentielle entre multiplicité et dispersion.
Un multiple n’est pas une partie, il n’est pas une dispersion. La multiplicité est cette possibilité que chaque partie possède un tout intérieur.
Miguel Benasayag propose de faire l’éloge du conflit : “La multiplicité conflictuelle est la base d’un socle commun dynamique”. Une société qui se prive du conflit est une société qui se condamne à l’affrontement.
Ré-enchanter le monde signifie accepter les conflits joyeusement.
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Miguel Benasayag participe à l’université populaire de la Cité des 4000, à la Courneuve. Il coordonne l’université populaire de Ris Orangis et un programme de “dé-psychiatrisation” à Fortaleza (Brésil). Miguel Benasayag dirige également, depuis 2008, le laboratoire de biologie théorique Campo Biologico à Buenos Aires.
Il est membre du Comité de soutien de l’Association Primo Levi (soins et soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique).
